Vincent Ricordeau :

Vincent Ricordeau :

Création d'entreprise • Publié le mercredi 18 février 2015
Après KissKissBankBank dédiée aux produits culturels et hellomerci dédiée aux projets personnels, Vincent Ricordeau a créé Lendopolis.  Cette plateforme de financement participatif s’adresse aux TPE et PME. Selon le dirigeant, en cette période de frilosité bancaire, le marché du crowfunding est promis à un bel avenir.

Pouvez-vous nous présenter Lendopolis ?

Il s’agit d’une plateforme de crowdfunding lancée en novembre 2014, dédiée aux PME françaises qui peuvent se financer directement auprès du grand public. Elle s’adresse à des TPE PME de plus de deux ans, tous secteurs d’activité confondus.


Comment les entreprises sont-elles sélectionnées ?

Il y a trois étapes : les entreprises doivent d’abord renseigner leur Siren afin de s’identifier et d’identifier leurs comptes. Ensuite notre équipe d’experts réalise une analyse financière pour savoir si l’entreprise est bien à jour de ses cotisations Urssaf et ne présente pas un risque trop important. Une fois que nous avons préqualifié le dossier, nous demandons aux entreprises de remplir un dossier complet : présentation du dirigeant et de l’équipe, du projet et de son objectif, nom de l’expert-comptable. L’expert-comptable de l’entreprise doit nous envoyer les bilans certifiés et le prévisionnel du projet certifié. C’est une attestation que nous avons créée avec l’Ordre des experts comptables qui s’appelle l’attestation d’information financière. Une fois que nous avons reçu ces documents, une équipe d’analystes financiers (des experts en crédit) analysent le dossier et décient de l’accepter ou non. Si le dossier est accepté, une note lui est attribuée en fonction du risque inhérent à ses activités et ses spécificités. Si la société est notée A elle paiera entre 5 et 7% d’intérêt mensuel à ses investisseurs, si elle est notée B, elle paiera entre 8 et 10% et si elle est notée C entre 10 et 12%.


Que se passe-t-il une fois que toutes ces étapes ont été franchies ?

Une fois que ces étapes ont été validées, le projet devient public car l’intégralité de la page projet a été remplie. Le projet est mis en ligne et l’entrepreneur dispose de 30 jours pour atteindre son objectif. Dès qu’il a atteint son objectif (30 jours ou moins) nous lui envoyons l’argent moins la commission de Lendopolis qui s’élève à 3 ou 4% en fonction de la durée de remboursement du prêt : de 2 à 5 ans.


A combien s’élèvent les montants levés et empruntés ?

Vous pouvez emprunter de 10 000 à 1 M€, plafond délimité par la loi. En moyenne les projets se situent entre 10 000 et 250 000 €. Pour le financement la moyenne s’élève à 55 000 €. Quand la plateforme aura gagné en maturité, cela devrait grimper un peu, mais pas au-delà de 70 000 à 80 000 €.


Combien d’entreprises ont déjà utilisé la plateforme ?

16 projets ont été mis en ligne et 12 ont réussi leur collecte de fonds. Le taux de réussite est très élevé. Cette année, le rythme des projets se situera de un à trois par semaine, puis une fois que nous aurons affiné les bons critères, ce rythme s’accélèrera. Le nombre de projets devrait tripler tous les ans. La première année nous atteindrons une centaine de dossiers, 250 à 300 la deuxième année, puis 1000 la troisième année.


Que se passe-t-il si l’entrepreneur ne réussit pas sa collecte ?

Si l’entrepreneur ne réussit pas sa levée de fonds, nous remboursons l’intégralité les investisseurs gratuitement et Lendopolis prend sa commission. Ensuite les investisseurs ont deux choix : soit récupérer leur argent, soit l’investir sur un autre projet.


Quel type de projet  a le plus la cote auprès des investisseurs particuliers ?

Tous les projets liés à l’écologie, à l’environnement, aux énergies renouvelables, à la transition énergétique. C’est une bonne nouvelle d’ailleurs : les gens finissent par s’intéresser à l’écologie ! Nous avons des projets dans ce domaine qui ont collectés 50 000 € en quatre jours.


Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui souhaitent utiliser la plateforme ?

Il faut d’abord comprendre comment une levée de fonds fonctionne, savoir présenter son projet de façon complète et le plus sexy possible, idéalement avec des photos, pourquoi pas une vidéo de présentation. La forme compte, même si sur une plateforme d’investissement comme Lendopolis c’est moins important que sur une plateforme artistique comme KissKissBankBank. Le 2e conseil est de garder à l’esprit que la plateforme de financement participatif n’est pas une banque, ce n’est pas elle qui vous amène de l’argent. Une levée de fonds commence par son environnement proche : le premier cercle. Si le projet est bien défendu, si le premier cercle joue son rôle d’ambassadeur alors un deuxième cercle se crée et la levée de fonds peut s’opérer. Il faut bien comprendre comment fonctionne l’outil. Le principal conseil c’est de passer du temps avec nous physiquement, sur skype ou par téléphone pour bien comprendre la démarche de la levée de fonds qui est bien différente de celle d’un guichet  qui vous délivre de l’argent.
La plateforme Lendopolis prévoit-elle des outils pour aider les entrepreneurs à bien présenter leur projet d‘un point de vue du marketing (photos, vidéos…) ?
Nous avons une équipe dédiée à cela qui passe beaucoup de temps avec les créateurs de projets la première année. C’est un service gratuit. Mais au fil du temps, en examinant la présentation des projets sur la plateforme, les entrepreneurs  nous sollicitent de moins en moins.


Quels sont les avantages du financement participatif proposé par votre plateforme ?

En utilisant Lendopolis, les entrepreneurs peuvent bénéficier d’une levée de fonds très rapide, sans garantie et sans caution pour l’investisseur. Ce système permet d’obtenir plus que des fonds : l’entrepreneur va récupérer une communauté d’investisseurs privés qui va suivre son projet et en devenir les ambassadeurs. S’il est sérieux dans les informations qu’il donne pendant la collecte et après la collecte et si évidemment il rembourse en temps et en heure, cela devient une communauté qu’il peut réactiver assez souvent.


Ce succès des plateformes de crowdfunding n’est-il pas la preuve que les banques ne jouent plus leur rôle ?

Il est certain que si les banques jouaient leur rôle il n’y aurait pas de crowdfunding. Ce succès prouve qu’il y a une carence majeure dans le système bancaire traditionnel : les banques financent peu, pas ou mal les petits projets et les TPE/PME. Mécaniquement, nous avons réussi à construire un système qui compense en partie cette carence. Et je pense que ce marché est gigantesque. Les Français auront besoin de temps pour comprendre comment cela fonctionne, mais à terme le crowdfunding va devenir un très gros marché.


Qu’en est-il dans les autres pays ?

Aux Etats-Unis c’est déjà une dizaine de milliards de dollars, en Angleterre c’est un milliards de livres sterling par an. En France, le crowdfunding va dépasser assez vite la centaine de millions d’euros. Il faudra attendre quelques années pour arriver au milliard, mais nos études montrent qu’à maturité ce marché pèsera plusieurs dizaines de milliards d’euros.

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