Un manager peut-il renoncer à ses fonctions ?

Un manager peut-il renoncer à ses fonctions ?

De prime abord, la question peut sembler quelque peu saugrenue : pourquoi un manager, c’est-à-dire, un cadre de l’équipe de direction, chercherait-il à renoncer à son poste, qui plus est, sans changer d’entreprise ?

Il est sûr qu’une telle décision n’est pas facile à prendre et il ne s’agit, en aucun cas, d’un coup de tête. Au contraire, c’est le genre de décisions qui nécessite beaucoup d’honnêteté, de loyauté et de courage :


Honnêteté envers soi-même pour oser s’avouer que l’on est plus apte à tenir le rôle de dirigeant.

Loyauté envers son employeur puisqu’on renonce à un poste prestigieux pour le bien de l’entreprise et pour le bon fonctionnement du service que l’on gère.

Courage face aux autres employés, collègues et collaborateurs, qui ne comprendront pas facilement le pourquoi d’une telle décision.

S’il est vrai que tout manager connaît des moments de doute, que ce soit sur ses capacités à diriger son équipe ou sur son aptitude à remplir son poste, ces moments de faiblesse et de vulnérabilité ne durent, généralement, pas longtemps.

En plus, ces passages à vide demeurent, la plupart du temps, enfouis à l’intérieur de lui-même et il n’en parle à personne, même pas dans un cadre privé.

Or, il arrive que cet état « dépressif » passager qu’un manager peut ressentir suite à un échec ou lorsqu’il est soumis à beaucoup de stress perdure.


Dans ce cas, il ne s’agit plus d’une simple baisse de moral ou d’un stress passager mais bel et bien, d’une remise en question globale et sérieuse qu’il convient de bien analyser soi-même, avant d’en faire part aux autres.


A cet égard, les coaches professionnels donnent un certain nombre de recommandations, des étapes à suivre pour aboutir à cette décision difficile, le plus sereinement possible :


Premièrement, il faut se donner le temps d’exercer pleinement les fonctions de manager et d’en découvrir toutes les facettes, avant de décider de renoncer à ses responsabilités. En effet, les débuts sont toujours un peu difficiles, quel que soit le poste qu’on occupe, et encore plus, lorsqu’il s’agit d’un poste de direction. Gérer au quotidien les problèmes d’une dizaine, une vingtaine ou une soixantaine de personnes, voire plus dans les grandes entreprises, tout en travaillant sur la réalisation des objectifs fixés, est loin d’être une responsabilité facile à assumer. Certaines personnes, possédant un leadership inné, se sentiront apte à relever le défi et réussiront, brillamment, leur carrière de dirigeant. D’autres ne se sentiront jamais dans la peau d’un leader, s’occuper des problèmes des salariés sous leurs ordres ne représentera, à leurs yeux, qu’une corvée qui les ennuie au plus haut point.


Dans un cas comme dans l’autre, un temps d’adaptation sera nécessaire, avant de pouvoir se prononcer de façon définitive sur le sujet et de prendre une décision aussi lourde en conséquences.


Deuxièmement, la décision de renoncer à ses fonctions de manager doit être non seulement bien réfléchie mais également, bien préparée. En effet, un cadre dirigeant ne peut pas se présenter devant sa hiérarchie et lui annoncer, de but en blanc, qu’il renonce à son poste. Solliciter un entretien avec son supérieur direct pour parler de ses difficultés aidera le manager à préparer le terrain de sorte que sa décision finale de se désister, même si elle n’est pas prévisible, ne constitue pas pour autant un événement totalement inattendu pour la direction.

 

Troisièmement, afin d’éviter un mouvement de panique au sein de la direction qui ne s’attend, généralement, pas à ce type de démarches, il vaut mieux que la décision de renonciation du manager soit accompagnée d’une alternative de remplacement. En effet, ce désistement, tout à fait légitime à la base, ressemblera d’autant plus à un abandon de poste que le manager n’aura pas préparé de solution de rechange pour la soumettre à ses supérieurs.

A cet égard, il faut souligner que la solution de remplacement doit être immédiatement applicable et par conséquent, efficace. Un manager qui annoncera à sa hiérarchie qu’il se désiste de son poste mais qu’il sera facile de lui trouver un remplaçant par l’intermédiaire d’une agence d’intérim ou d’un chasseur de tête aura plutôt mauvaise posture.


Par contre, un dirigeant qui exprimera sa volonté de renoncer à ses fonctions, tout en suggérant un remplaçant en interne, c’est-à-dire, quelqu’un de son service ou d’un autre service avec qui il assurera la transition, sera favorablement perçu par ses supérieurs, malgré son désistement.


En effet, même si la solution proposée par le manager démissionnaire n’est pas celle qui  sera retenue au final par la direction, il aura tout de même témoigné de l’intérêt pour son entreprise et prouvé qu’il tenait à ce que sa décision n’affecte pas le bon déroulement du travail.


Or, conserver l’estime de ses supérieurs est très important, voire même capital, dans la mesure où le manager désirant retrouver un poste de base ne cherche pas, par ailleurs, à changer d’employeur. Car, en réalité, le dirigeant qui renonce à son poste n’a pas de problème avec ses supérieurs ou son entreprise dans son ensemble mais uniquement avec le poste de direction qu’il ne pense pas être apte à assumer.

 

Mais qu’en est-il alors de ses collègues ? Comment les salariés qui travaillaient hier encore sous ses ordres vont-ils réagir ? Et comment l’ex-manager lui-même vivra cette rétrogradation volontaire ?

Autant de questions dont les réponses varient en fonction de plusieurs facteurs et notamment, la capacité du manager qui s’est désisté à « accuser le coup » et à gérer les réactions de ses ex-collaborateurs qui peuvent osciller entre l’étonnement et l’incompréhension, d’une part, et l’incrédulité et le scepticisme, d’autre part.

Les interrogations vont fuser dans tous les sens et les interprétations se multiplieront au gré des humeurs et des sympathies des uns et des autres. Sans oublier les retombées d’une telle décision sur l’équipe qui change de tête, du jour au lendemain.

En définitive, quelle que soit la nature de ces réactions, il faut savoir que le manager qui a été capable d’admettre lui-même qu’il n’était pas apte à remplir son poste et d’aller jusqu’au bout de sa logique en y renonçant sera bien assez fort pour assumer les conséquences de son désistement.

Se créer une carapace pour se protéger et continuer d’avancer sera sa première priorité, d’autant qu’il aura le soutien de sa hiérarchie qui appréciera d’autant plus sa loyauté envers l’entreprise et son intégrité.

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