TPE 2013 : Qui est in, qui est out ?

TPE 2013 : Qui est in, qui est out ?

Gestion d'entreprise • Publié le lundi 25 août 2014

Le FCGA, observatoire de la petite entreprise, en collaboration avec la Banque Populaire, a livré en avril 2014 les conclusions de son enquête sur les tops et les flops des TPE en 2013.

Résultats des TPE en 2013 : A quand la fête ?

Oui, les résultats des TPE ont progressé par rapport à 2012, c’est indéniable : l’indice moyen d’activité est passé de -2% à -0,1%. Un chiffre encourageant, mais attendez un peu avant de sortir le champagne, car pour l’instant, parler de relance serait pour le moins présomptueux. En particulier, les progrès dans le secteur des bâtiments publics ne jouent pas encore leur rôle de locomotive sur les autres secteurs : quand on traîne un train chargé de plomb, il faut une machine autrement plus efficace.

Certains secteurs font d’ailleurs encore grise mine : 5 familles professionnelles sur 12 voient leur chiffre d’affaires reculer, dans des domaines très variés.

  • L’équipement de la personne (-4,3% contre -2% en 2012)
  • La vente et réparation automobile (-3,2% contre -0,3%)
  • La culture et les loisirs (-1,6% contre -0,1%)
  • Les métiers de la santé (-0,9% contre -0,7%)
  • Les transports (+0,3%, contre +0,8%)

3 secteurs améliorent leurs résultats mais restent dans le rouge :

  • Les cafés, hôtels, restaurants (-1,4% contre -1,7%)
  • La beauté-esthétique (-0,4% contre -1,2%)
  • L’équipement de la maison (-3,9% contre -4,4%)

4 secteurs enregistrent un réel progrès (si votre entreprise en fait partie, vous pouvez commencer à rêver décapotable. J’ai dit : rêver) :

  • Les services (+3,1% contre -1,4%)
  • Les entreprises de parcs et jardins (+2,2% contre +1,9%)
  • L’artisanat du bâtiment (+1,6% contre -4,8%)
  • Le commerce de détail alimentaire (+1,4% contre +0,6%)

Des résultats à interpréter en fonction de l’évolution de la consommation et du pouvoir d’achat. A travers ces résultats, on voit se dessiner certaines tendances, et surtout, une répugnance encore bien présente à dépenser pour le « superflu » (culture et loisirs, beauté-esthétique, équipement de la personne, restauration) voire le nécessaire (santé, réparation auto, transports). Bref : les cordons de la bourse se délient progressivement, mais pas à l’aveuglette.

Au top : librairies indépendantes, travaux publics, carrossiers automobiles

Les librairies indépendantes en tête du classement  des TPE en 2013 (+8%)

Le bonheur des uns… Il semblerait que les librairies indépendantes, qui affichent un indice moyen d’activité en progression de 8 %, aient profité de la faillite de grands manitous du commerce culturel, à savoir Virgin Mediastore, les librairies Chapitre, et, dans une moindre mesure, la chaîne Mona Lisait. Et alors que le secteur de la culture et des loisirs fait partie des mauvais élèves de 2013, la librairie indépendante affiche une assez belle réussite, peut-être soutenue en cela par la loi sur le prix unique du livre et le déclin du commerce de livres en ligne.

Terrassement et  travaux publics mieux servis que dans le privé (+6,2%)

Le secteur bénéficie en l’occurrence des politiques locales qui ont développé le parc immobilier public avec de nouvelles infrastructures et également des espaces verts. C’est pourquoi on trouve aussi, dans les gagnants de 2013, les entreprises liées à la construction de parcs et de jardins publics. Même avec une crise immobilière encore bien présente, le public sort son épingle du jeu.

Les carrossiers automobiles se dépassent en milieu hostile (+5,7%)

Si le secteur de la réparation automobile encaisse une baisse de 3,2% cette année, les carrossiers automobiles s’en sortent étonnamment bien. Pourquoi ? Parce qu’ils évoluent dans un marché monopolisé par les constructeurs automobiles, les obligeant à trouver des solutions pour travailler plus efficacement, et avec un service à la clientèle amélioré. La loi Hamon de 2013 sur le libre choix du carrossier-réparateur n’est évidemment pas étrangère à ce progrès.

En plein flop : prothésistes dentaires, carreleurs, commerces de cycles et scooters

Prothésistes dentaires victimes de la grogne (-12%)

Ce résultat calamiteux, la profession le doit tout d’abord à la crise et à la baisse du pouvoir d’achat. Ce type d’acte médical « esthétique » est fréquemment repoussé à des jours meilleurs. Et puis, on l’a encore vu récemment, les tarifs pratiqués par le secteur sont de plus en plus critiqués, comme c’est le cas d’autres professions réglementées (pharmaciens, opticiens, ou notaires et greffiers).

Carreleurs et faïenceurs face à la crise immobilière (-7,4%)

La baisse des achats immobiliers dans le privé a aussi pour conséquence de faire chuter les résultats des artisans liés au secteur. Les plus touchés semblent en 2013 les poseurs de carrelage et de faïence, matériaux coûteux, auxquels on préfère l’utilisation de revêtements plus contemporains, à poser facilement soi-même.

Commerces de cycles et de scooters en panne (-6,4%)

Si l’on achète de plus en plus de vélo en France (moins cher et plus eco-friendly), les commerces indépendants de cycles et scooters ne redressent pas la barre. Le scooter, c’est aussi un achat réalisé par un parent pour son ado, or, la crise est passée par là. Les parents conseillent-ils aujourd’hui à leurs enfants de préférer une bonne paire de baskets ?

Conclusion : Les TPE vont mieux, un peu. Mais tant que les entreprises du secteur primaire n’ouvriront pas une voie plus favorable, il y a fort à parier que l’ensemble des professions continue à stagner. Cette année, cependant, la vision de ce tops/flops 2013 réserve quelques surprises encourageantes, qui pourraient laisser croire que la chute des mastodontes n’est pas forcément une perte pour tout le monde.

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