Faut-il interdire la consommation d’alcool au sein de votre entreprise ?

Faut-il interdire la consommation d’alcool au sein de votre entreprise ?

Gestion d'entreprise • Publié le mercredi 27 août 2014

Certains alcools étaient jusqu’alors autorisés dans toutes les entreprises de France, mais le Code du travail vous permet aujourd’hui de bannir toute boisson alcoolisée dans votre fief. L’occasion de lancer un débat d’autant plus important qu’il tient aussi de la question culturelle en France : Faut-il bannir l’alcool de votre entreprise ?

Non à l’alcool en entreprise ! Vos arguments de lobbyiste convaincu

Vous appréciez beaucoup Marcel G., votre responsable des achats, pour ses compétences autant que pour sa bonne humeur. Mais, il faut bien le reconnaître, sa tendance à ramener systématiquement avec lui son demi de rouge pour ses déjeuners au bureau, et le fait de devoir subir par la suite ses flatulences et plaisanteries un peu lourdes (vous êtes patron d’une TPE et êtes donc contraint de partager l’espace) a tendance à vous agacer. Pour une raison que vous comprenez mal, le code du travail interdit whisky, vodka et Malibu Coco, mais autorise le vin, le cidre, le poiré et la bière : il s’agit en fait de limiter la consommation d’alcool aux boissons les plus faiblement dosées.

Sauf que ! Vous connaissez l’exemple de ce pauvre Monsieur D., chef d’une florissante PME, récemment contraint de fermer boutique après qu’une horde d’employés au teint rougeaud a saccagé les bureaux de l’entreprise à la suite d’un pot de départ en retraite un peu trop arrosé. Et il vous semble vous rappeler de la terrible histoire de cet autre chef d’entreprise qui, pour avoir laissé boire plus que de raison l’un de ses collaborateurs, a dû payer la note lorsque celui-ci a embouti un feu tricolore en rentrant du travail. Il est temps de frapper du poing contre la table : votre entreprise n’est ni un PMU, ni un camping, et mois de juillet ou pas, il est hors de question que vos collaborateurs se la coulent douce à grand coup de rosé de Provence.

La bonne nouvelle ? Vous pouvez dès à présent inscrire cette nouvelle règle au règlement intérieur de votre entreprise, en rappelant que par contrat, vos employés se doivent de respecter cette charte de bonne conduite. Et faire d’ores et déjà un stock de cocktails multifruits pour la naissance prochaine du petit dernier de Xavier S.

Interdire l’alcool ?  Comment ça ?

En bon Français (ou Anglais, ou Belge, ou Allemand, après tout, l’alcool fait partie du patrimoine mondial au même titre que Céline Dion), vous vous croyez capable de gérer les consommations des uns et des autres, et de prendre vos responsabilités en cas de débordement. Félicitations, vous êtes un patron comme de nombreux employés en rêvent : moderne mais convivial, sympa et un peu vieille France (le top du chic en ce moment), bref, les candidats se bousculeront pour travailler à vos côtés et ceux de votre réserve de bière artisanale.

N’oubliez pas cependant que s’il est tout à fait louable d’accorder votre confiance à vos employés et à leur autodiscipline, la loi vous fournit quelques outils pour garder les choses sous contrôle. Vous pouvez par exemple autoriser la consommation de vin, de bière et autres alcools doux, tout en conservant un droit de regard sur le comportement de vos collaborateurs. Il est ainsi possible d’inscrire au règlement intérieur la possibilité de vérifier le taux d’alcoolémie de votre équipe au moyen d’un alcootest. Sachez également que vous êtes tout à fait en droit d’exclure (au moins temporairement) de son lieu de travail un employé complètement ivre. Surtout si vous recevez l’équivalent de M. de Mesmaeker (les fans de Gaston auront compris la référence ; les autres : révisez vos classiques) en rendez-vous pour boucler le plus gros contrat de l’année.

Malgré tout, avant de passer au flicage pur et simple de vos salariés (qui pourraient interpréter cela comme le geste d’un tyran déguisé en patron de start-up), pensez à tester d’abord quelques méthodes frappées au coin du bon sens : le dialogue avec votre équipe, par exemple qui vous permettra de faire passer votre message calmement, mais fermement. Et vous évitera, le cas échéant, de devoir éponger le vomi de votre jeune stagiaire sous prétexte que ses collègues ont voulu « lui apprendre la vie ».

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