Ouvrir une chambre d’hôte : Ce qu’il faut savoir avant de se prendre pour Caroline Ingalls

Ouvrir une chambre d’hôte : Ce qu’il faut savoir avant de se prendre pour Caroline Ingalls

Faire fructifier un bien immobilier, gentilhommière ou ferme 18ème, était autrefois l’apanage des nantis de ce monde (aussi appelés : bourgeois). Le développement des chambres d’hôte, issu en droite ligne des congés payés et de la société de loisirs, vous permet aujourd’hui de tirer profit de votre héritage familial, ou tout simplement de votre résidence principale ou secondaire. Quelques règles à suivre avant de pouvoir en mettre plein les yeux aux vacanciers qui auront le bon goût de vous rendre visite.

Une maison d’hôte : ni un placard sous l’escalier, ni une auberge rouge

Depuis 2007, les règles en matière d’ouverture de maison d’hôte et de chambre d’hôte se sont considérablement durcies. Si votre projet était d’ouvrir un vague gourbi en sous-sol sous le seul prétexte que votre hôte aura alors accès, entre 18 et 19h, à la jolie lumière du crépuscule à travers vos rideaux en macramé, perdu. On n’ouvre pas une chambre d’hôte comme on exile son grand fils de 30 ans à la cave, vous voilà averti.

Veillez donc en premier lieu au respect des règles suivantes pour votre chambre d’hôte :

  • Une chambre meublée, avec accès à des sanitaires individuels : une « suite » avec chambre, salle de bains et WC.
  • Une chambre aménagée sur votre propriété (non, pas chez le voisin, ni dans le pré du père Fernand), et louée pour une ou plusieurs nuitées. Attention, au-delà de 5 chambres, on ne parle plus de chambres d’hôte, mais d’un hôtel.
  • Une chambre propre (et ne vous avisez pas de facturer le nettoyage), conforme aux réglementations en termes d’hygiène, de sécurité, de salubrité, dans laquelle votre hôte dispose de linge de maison.
  • Une chambre offrant d’autres prestations : petit-déjeuner fourni, accès à la piscine, terrasse privée, etc.

Voilà déjà de quoi vous permettre de réfléchir : les touristes, qu’ils soient français ou étrangers, sont devenus fort exigeants. Un paysage verdoyant sera loin de leur suffire, et beaucoup ont l’outrecuidance de s’offusquer lorsque vous leur montrez la route menant à la cabane au (fin) fond du jardin. Si vous n’avez pas l’âme généreuse et prévenante, passez votre chemin (ou ouvrez un atelier clandestin pour faire fructifier votre garage).

Ne confondez pas maison d’hôte et gîte rural : ce dernier constitue un logement indépendant de votre résidence propre, composé d’une ou plusieurs chambres, de sanitaires, d’une cuisine et d’une pièce à vivre. Une forme d’hébergement qui nécessite par ailleurs un investissement personnel moindre du propriétaire en termes de disponibilité : vos hôtes « se gèrent » un peu tous seuls !

Avant l’ouverture : les investissements

Si vous vous croyez capable de supporter jour après jour les exigences de cette populace en mal de détente et de volupté, préparez-vous, sans doute, à effectuer un certain nombre de travaux pour mettre votre chambre aux normes d’hygiène, de confort, et pour lui offrir les prestations qui feront de votre havre un lieu connu et apprécié. Evidemment, si celui-ci se trouve dans une région touristique, votre succès sera d’autant plus vif. Malheureusement, bien peu de chambres d’hôte ouvertes dans la Creuse ne parviennent vraiment à trouver leur public.

Le budget à allouer à une chambre d’hôte est loin d’être négligeable, et il est conseillé de prévoir une trésorerie adaptée. La meilleure solution reste d’évaluer les bénéfices annuels que vous souhaitez tirer de votre chambre d’hôte, et de calculer en conséquence le coût des travaux qui vous offriront un lieu propice à l’oisiveté des classes populaires.

Ouverture de votre chambre d’hôte : les formalités administratives

Elles sont heureusement assez simples :

  • Déclaration de location dans votre mairie : Par voie électronique ou par courrier recommandé avec AR, il vous suffit de signaler à votre mairie votre identité, le nombre de chambres d’hôte, leur emplacement exact, le nombre de personnes pouvant être accueillies, et les périodes d’ouverture de ces chambres.
  • Obtention de la licence 1 : Notamment pour avoir le droit de servir un petit-déjeuner à vos hôtes.
  • Déclaration aux impôts : Si votre chambre d’hôte vous permet de gagner plus de 760 € par an, il s’agit alors d’un revenu imposable au titre d’activité commerciale.

Vous pouvez choisir de devenir auto-entrepreneur pour bénéficier des avantages du statut, ou bien vous affilier à un label, c’est-à-dire un réseau de chambres d’hôtes qui vous fera également profiter de sa notoriété : Gîtes de France, Clévacances, Fleurs de soleil, les labels sont nombreux, n’hésitez pas à vous renseigner à leur sujet.

Lancement de votre chambre d’hôte : en route pour la fortune ?

A vrai dire, pas forcément. La concurrence devient rude, et s’il est possible de tirer de sa chambre d’hôte de beaux revenus (jusqu’à 50 000 € par an en moyenne pour 5 chambres), les frais d’entretien, les travaux réguliers, les frais de bouche ne doivent pas être négligés dans votre calcul. Ainsi, on dit souvent qu’il faut 2 à 3 ans pour commencer à tirer profit de sa chambre d’hôte. Mieux vaut, donc, conserver un bon niveau de trésorerie (10 à 15 000 €/an).

Vous vous rendrez peut-être compte, avec le temps, que vos entrées d’argent ne justifient pas un tel engagement de votre part. Evidemment, passer ses vacances ou sa retraite à s’occuper des vacances des autres peut sembler au premier abord très ludique (et vous fait indéniablement passer pour quelqu’un de bien). Mais la création, l’entretien et le développement d’une chambre d’hôte demandent leurs sacrifices, et des connaissances en gestion hôtelière, en management, en comptabilité... Réfléchissez bien !

Crédit photo : http://www.macommune.com/chambres-d-hotes.php

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